Sa fenêtre
son monde
son cadre
sa vue
son messie sa mission et sa guerre.
Son cocon, son confort, ses repères.
C’est parce qu’il erre.

… À Yas, l’errant

Comme un poisson dans l’eau
d’un bocal qui flotte à la surface d’un océan, il rase les murs.
Il est sorti; a levé la tête. Lever la tête l’a sortie mais les murs, murent.
Il erre, il vague, devance le dessein d’une route; il nie les clous de la rue, les trottoirs, la chaussé les lignes, le design des circulations.
C’est parce qu’il erre.

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Parce qu’il erre, après peu, il remarque être au coeur d’une histoire d’amour, être le coeur d’une histoire d’amour; puis le clin d’oeil suivant voit qu’il dérange.
C’est parce qu’il erre.
Il dérange une relation mais lui vient aussi qu’il est l’argument de cet amour, celui qui lie l’asphalte et le béton; il est l’excitation, le signal, l’électrique du lien.
Un microclimat chaleureux lui est adapté puisqu’il erre en sa zone, son îlot. C’est de l’amour; c’est de l’amour un cocon.

Il est sorti, a levé la tête, lever la tête l’a sortie mais les murs murent l’horizon. Le décor est bouché. Le décor le séquestre mais il est sorti, a levé la tête. Lever la tête l’a sorti mais un décor bouché le séquestre.

Aux pieds d’entités élevées sur le labeur de quelques parents, aux pieds de géants , une intuition l’agite, l’incite a plus.
C’est parce qu’il erre.

Un tag est effacé; c’était son blaze, son nom.
C’était lui.

Un mur défile à sa droite, collé à son champs visuel, ce mur ici, le conduit. Tandis qu’à sa gauche l’autre mur semble s’ouvrir; sans linteau ni allège, le mur est percé d’une fenêtre. Il y a de la lumière derrière, au travers, depuis, de quelque part peu importe, mais il y a de la lumière, là.
Là!
C’est dessus, à la surface, sur le crépis de ce géant que la lumière focalise l’effritement de son nom.

Son nom s’effrite, se disloque, se morcelle; c’est parce qu’il erre. On le doucha, le balaya et l’évacua dans les égouts.

Hier volubile, il cherche à présent une accroche. Il est sorti, a levé la tête, lever la tête l’a sorti mais il cherche une accroche au présent; c’est parce qu’il erre!

Son espace est bouché, c’est incommensurable; la mesure échappe cette fois-ci.
Immobile, c’est promis.

Il y avait mis son nom, il avait marqué le géant , enchainé le géant , qui ainsi ne pu fuir, de son aplomb l’évincer. « J’étais là, inscrit sur toi. »
Il avait peint, sans permis.
Quand bien même lessivé il reste une trace. Elle est focalisé, alors il pointe un phénomène.

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Une blessure, une ecchymose, c’est son réflexe de lecture. Un mur roué de coups.
 C’est parce qu’il erre.

Le mur est taché ou il est propre. Il est tracé de pisse, de gerbe même de sang ou tagué. Il est irrité de lichen ou fracturé, desquamé, mais le mur remarque-t-il, est lumineux.

Ça vient du géant voisin. Un rayon crée un lien.

Il s’arrête et lit, fait un voeu; un voeu ou un équivalent dont il n’aurait la maitrise ni du concept ni de la cérémonie.

Tandis qu’il erre, ainsi, des géants s’animent de murs en murs. Tandis qu’il souhaite voir au travers, las de lécher vitrines ou fenêtres des autres et des ailleurs, le géant voisin soumet une lecture au touché de son proche.

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C’est le soleil !
C’est le soleil qui rebondit, à l’instant. Il le voit de ses yeux vue, c’est figé. Pourquoi un tel phénomène, une telle manifestation du temps à l’allure si figé est-elle si criante? Il le crie ça! Il ne le crie pas comme ça. Lui, exactement, il fait : hum ?

Il se sent concerné. Ce mur, mure, mais tend une familiarité. Il tend sa main.
Parler par fenêtre, il connait ça !

Il est sorti. A lever la tête, lever la tête l’a sorti mais avant qu’il sorte, la fenêtre était l’interface derrière laquelle il se cloitra, poigne en poche, impuissant, mais prudent et sauf de toutes sorte de dangers. Il troua sa main de trous plats, rapatria le monde au touché immédiat, le contacta derrière le garde-corps de sa fenêtre, et cru à l’expérience.
Il tend la main au mur et croit ici en sa texture; il donne sa paume, conçoit des alliances. C’est nouveau; il est attentif à ce qui ait dit.

Parce qu’il erre, il croit en une mise à l’écrit, oui. Il croit en la rue mise à l’écrit, car les géants font ce qu’il fit. Il traça lui aussi, sans demander quoique ce soit.
Il n’existe pas de forme qui ne soit pas signe, qui n’ait pas de sens.
« Qu’essayes-tu de dire !? Toi le géant, là, au pied duquel… ouais, je sais pas… Que dis-tu ?! »
Pourquoi il parlerai ?
« Son signe me parle; j’entends. Que dis-tu, pourquoi tu parles? »
Pourquoi il parlerai ?

L’écrit vient du soleil et doucement, la lumière hors de son tampon, s’endort en ombrage dans la rue. Il croit en la rue mise à l’écrit car les géants font ce qu’il fit, perspective stimulante sans pour autant y trouver un propos pensé, énoncé, puis écrit; à lire, à quoi réagir, à entendre.

Il est sorti. A lever la tête, lever la tête l’a sorti et de murs en murs il tend l’oreille.
Il y a du parlé.

Il a tendu la main, la paume, ça fourmille aux pulpes, lui renvoie une consistance.
Il est bel et bien de chair; il en doutait; il existe il est seul; il erre.

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L’écrit vient du soleil, les heures tracent, les nuages passent et les signes évanescents lui évoquent mieux la musique qu’un propos pensé, énoncé puis écrit, que le tangible propos énoncé puis écrit.
C’est parce qu’il erre.

Le tangible propos énoncé puis écrit lui échappe, alors de main en main, de murs en murs, au faible soin d’une attention encore timide, d’un corps errant, il gesticule.

La cadence est lumineuse, la clef de sol est instable. Son attention est levé, c’est bel et bien performatif.

Il gesticule, oui, peut-être parce qu’il n’a que ça, parce que ça domine, parce qu’il erre. Sans mieux déterminer un cap, à l’instant il fait sens, il touche, il écoute.

Son cocon de mille matières, l’amour qui le ceint, augmenté de milles autres sédiments et de l’ombre des égards, échafaude une acoustique complexe, brillante, soufflant tous les pores de son crépis à lui.

Il ne peut se taire; se meut.

Il gigote, il remue, de son corps il est absurde, il est dément. Actuellement même, hors du champs et de la page, sa tête est à l’envers.

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Une âme chemine.
C’est parce qu’il erre. On pourrait dire qu’il danse.

Déconfiné des circulations, il danse avec des géants, des nuisances et puis des percées.
Il est sorti, à levé la tête; levé la tête l’a sorti.

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