Dernière mise à jour le 14 février 2025
Février 2025 | Résidence
Ecotone, espace d’expérimentation (Montréal/Tiohtià:ke) – Résidence de recherche sur la démarche artistique. 1 semaine.
Octobre 2024 | Résidence
Ecotone, espace d’expérimentation (Montréal/Tiohtià:ke) – Résidence de recherche sur la démarche artistique. 1 semaine.
Juin 2024 | Publication
La république en Beaumarchais ! Livre accordéon de plus 4m. Je reviens avec ce projet sur un événement de 2018-2019, le mouvement des gilets jaunes en France. Et comment lors de l’acte III, c’est un stigmate du pouvoir que je perçu se projeter sur l’espace urbain. – Nouveau projet autoédité
Avril 2024 | Groupe de travail
Je finis 6 mois de participation au Groupe de travail sur le livre d’artiste mené par Emmanuelle Jacques à L’imprimerie (Montréal/Tiohtià:ke). Plein de chose pour 2024 !
Janvier 2024 | Lecture
Aujourd’hui, on dit travailleur·ses de l’art (Julia Burtin Zortea et Louise Drul). Petit ouvrage important à lire pour avancer politiquement sur le travail artistique. 369 Éditions
Septembre 2023 | Publication
À la terrasse d’un bistrot, les clients et clientes habituées boivent leur café en lisant le journal. On entend le son du papier croustiller la lecture, dans leurs mains, lorsqu’ils et elles tournent les pages, lorsque leur concentration est mise à l’épreuve d’un courant d’air, lorsqu’ils et elles réajustent leur assise après avoir toussé le poison largué par le passage d’une bagnole devant leur nez. C’est le goût de l’expresso, de la routine, des nouvelles; c’est une saveur du paysage urbain. Le numérique aidant, le sucré de ce croustillant a disparu. Comme Yas, mon ami Yas.
Murmures – Nouveau projet autoédité
Artiste visuel autodidacte, ma pratique relie le mouvement, la pensée, la matière : photographe en errance urbaine, scribouillard d’un nomadisme existentiel, je partage mes impressions principalement via l’auto-publication.
Ma relation intime à l’espace m’amène à chercher ce qu’habiter signifie lorsque tout est « planifié, construit et équipé » (Ivan Illich, 1984). Je m’évertue à portraiturer les non-dits de l’espace urbain avec l’hypothèse que de telles bestioles existent.
Au sein d’une ville, mon regard est captif d’une saturation des formes qui la compose. Je m’attache alors à vider les espaces urbains de la présence humaine afin de faire le point sur ces lignes, constitutives de notre écrin. Je joue contre la perspective, à la faveur de compositions graphiques, géométriques, que je conçois être la captation de motifs relevant de notre ontologie, autant que la traduction de mon envoûtement dans un tel milieu.
J’utilise l’assemblage de photographies en série comme la construction d’un chapelet de motifs, dont la similarité, rythmée, est propice à stimuler sens et intellect. D’une dominante esthétique, j’envisage alors une potentialité critique.
L’écriture intervient comme une pirate. Farouche, poétique et insatisfaite des définitions, elle s’immisce dans mon processus et peut finir par en constituer l’essentiel. Favorisant l’horizontalité et l’accessibilité, je m’efforce, grâce à elle, de trébucher sur la frontière qui sépare le propos conceptuel du récit incarné.
Je présente mon travail principalement sous la forme de livres d’artiste, dont la matérialité se félicite de convoquer les sens pour se fabriquer et se partager.
Mon approche confronte le fond et la forme, l’intérieur et l’extérieur, l’intime et le politique.
Recherche esthétique.
Une ligne de désir est un tracé, laissé sur les pelouses dans les parcs par exemple, façonné par l’érosion induite des usages. Une ligne de désir a ceci d’intéressant qu’elle peut « sortir de terre » dans un espace à quelques pas seulement d’un chemin balisé pour la circulation. Les lignes de désir soulignent que ces endroits balisés, pensés, travaillés, ratent quelque chose des usages et des efficacités anodines et instinctives de nos quotidiens. Un manquement dans le design, pourrait-on dire. Ou peut-être une négation des usages pour une meilleur prescriptions des comportements.
J’aime les lignes de désir pour ce qu’elles font émerger de confrontations entre les expertises et les usages. Ce faisant, j’y reconnais une clef métaphorique pour lire des choses sur le monde. L’expertise devient problématique, non pas lorsqu’elle informe de son savoir travaillé (élémentaire, non exclusif), mais lorsqu’elle prescrit des comportements, à distance et de manière verticale. Alors on atteint le corps et l’intime ; et le politique crée un séisme.
Je m’inscris en terre tremblante, mais cherche, de mes pas instables, à faire langage ; danser.
Une photographie, par définition, met en valeur. Elle met en valeur autant une souffrance qu’une joie, qu’une mise en scène ou un instant décisif. Elle cadre un événement, un objet ; elle donne à voir pour une signification précise. La photographie d’un objet architectural met en valeur cet objet. Mais de part la mise en valeur, il y a indéniablement, en creux de nos productions, la reproduction de ce monde mis en valeur ; la photographie devient une médiation de ce monde. Mes préoccupations latentes, ma sensibilité, mes questionnements, mes affirmations, mes paradoxes, ma responsabilité, se doit tant que faire se peut, de conscientiser le monde duquel il vient sous peine de s’ancrer dans un angle mort et pérenniser quelque chose, éventuellement inverse au propos.
Les photographies d’architecture, de rue, de villes occidentales, sont souvent pour moi l’occasion d’une gêne. Elles valorisent des espaces saturés et hors-sol propre à nos modes de vie occidentaux, a fortiori, aujourd’hui, connectés. À mon sens, elles bouclent même cette saturation. Il me semble interessant de travailler sur un contrepoint à la contemplation de ces espaces, sans l’exotisme des ailleurs, afin de valoriser un avenir un tant soit peu soutenable.
Mes photographies, tirées de mes errances urbaines autant que de mon point de vue d’urbain et de la panoplie des privilèges qui me situent, cherchent une esthétique qui aurait une portée critique sur nos espaces. Elles cherchent leur fluidité, leur ligne de désir.
Je vis le cul entre deux chaises,
seulement j’ai plusieurs casquettes à mon arc.
—
Façonné par l’énergie autodidacte de la culture Hip-Hop, couplé à celle adolescente fertilisée sur le goudron et devant la télé, je fus mû par la danse, le rap et le graffiti, loin de concevoir l’idée d’une cloison disciplinaire.
Danseur pour la compagnie Chute Libre en 2005 pour son spectacle Living Room Orchestra, j’intègre la même année une école de cinéma (Cinécréatis, Nantes, FR) et me professionnalise comme artiste en effets-visuels. Je travaille sur films et publicités pendant 10 ans.
Tentatives scénaristiques et velléités de mise en scène, me porteront vers le documentaire photographique.
Je suis amené à travailler pour l’artiste français Pierrick Sorin sur des opéras et événements (2008-2012), comme graphiste et opérateur prises de vues. Ces expériences sont marquantes par leur ampleurs, leur richesses humaines, techniques et artistiques.
De 2015 à 2017, je réalise un documentaire photo (L’adoration de la terre), accompagné d’écrits et d’entretiens, pour lequel je m’immerge pendant 1 an au coeur des résidences de création d’une compagnie de danse Hip-Hop s’appropriant un classique, Le Sacre du printemps. L’occasion d’un contraste qui me permet de faire un portrait sensible de l’énergie Hip-Hop. J’en fais un livre et suis la bifurcation : la photo et l’auto-édition.
Je passe rapidement par l’école Les Gobelins afin de me connecter au monde professionnel de la photographie. À partir de 2019 et de mes errances urbaines je construis un propos photographique (lavisible) sur la capacité de l’urbain à trahir des non-dits tournant tous autour de ce qui nourri les hiérarchies et la domination. J’essaye d’abord de voir dans l’architecture une présence du pouvoir, puis de le trouver dans l’urbanisme, pour aboutir aujourd’hui à la notion générale d’espace, a fortiori, d’espace urbain.
J’émigre au Quebec en 2022 où j’affirme une intention artistique professionnelle en art visuel.
Dernière mise à jour le 14 février 2025
Février 2025 | Résidence
Ecotone, espace d’expérimentation (Montréal/Tiohtià:ke) – Résidence de recherche sur la démarche artistique. 1 semaine.
Octobre 2024 | Résidence
Ecotone, espace d’expérimentation (Montréal/Tiohtià:ke) – Résidence de recherche sur la démarche artistique. 1 semaine.
Juin 2024 | Publication
La république en Beaumarchais ! Livre accordéon de plus 4m. Je reviens avec ce projet sur un événement de 2018-2019, le mouvement des gilets jaunes en France. Et comment lors de l’acte III, c’est un stigmate du pouvoir que je perçu se projeter sur l’espace urbain. – Nouveau projet autoédité
Avril 2024 | Groupe de travail
Je finis 6 mois de participation au Groupe de travail sur le livre d’artiste mené par Emmanuelle Jacques à L’imprimerie (Montréal/Tiohtià:ke). Plein de chose pour 2024 !
Janvier 2024 | Lecture
Aujourd’hui, on dit travailleur·ses de l’art (Julia Burtin Zortea et Louise Drul). Petit ouvrage important à lire pour avancer politiquement sur le travail artistique. 369 Éditions
Septembre 2023 | Publication
À la terrasse d’un bistrot, les clients et clientes habituées boivent leur café en lisant le journal. On entend le son du papier croustiller la lecture, dans leurs mains, lorsqu’ils et elles tournent les pages, lorsque leur concentration est mise à l’épreuve d’un courant d’air, lorsqu’ils et elles réajustent leur assise après avoir toussé le poison largué par le passage d’une bagnole devant leur nez. C’est le goût de l’expresso, de la routine, des nouvelles; c’est une saveur du paysage urbain. Le numérique aidant, le sucré de ce croustillant a disparu. Comme Yas, mon ami Yas.
Murmures – Nouveau projet autoédité
Artiste visuel autodidacte, ma pratique relie le mouvement, la pensée, la matière : photographe en errance urbaine, scribouillard d’un nomadisme existentiel, je partage mes impressions principalement via l’auto-publication.
Ma relation intime à l’espace m’amène à chercher ce qu’habiter signifie lorsque tout est « planifié, construit et équipé » (Ivan Illich, 1984). Je m’évertue à portraiturer les non-dits de l’espace urbain avec l’hypothèse que de telles bestioles existent.
Au sein d’une ville, mon regard est captif d’une saturation des formes qui la compose. Je m’attache alors à vider les espaces urbains de la présence humaine afin de faire le point sur ces lignes, constitutives de notre écrin. Je joue contre la perspective, à la faveur de compositions graphiques, géométriques, que je conçois être la captation de motifs relevant de notre ontologie, autant que la traduction de mon envoûtement dans un tel milieu.
J’utilise l’assemblage de photographies en série comme la construction d’un chapelet de motifs, dont la similarité, rythmée, est propice à stimuler sens et intellect. D’une dominante esthétique, j’envisage alors une potentialité critique.
L’écriture intervient comme une pirate. Farouche, poétique et insatisfaite des définitions, elle s’immisce dans mon processus et peut finir par en constituer l’essentiel. Favorisant l’horizontalité et l’accessibilité, je m’efforce, grâce à elle, de trébucher sur la frontière qui sépare le propos conceptuel du récit incarné.
Je présente mon travail principalement sous la forme de livres d’artiste, dont la matérialité se félicite de convoquer les sens pour se fabriquer et se partager.
Mon approche confronte le fond et la forme, l’intérieur et l’extérieur, l’intime et le politique.
Recherche esthétique.
Une ligne de désir est un tracé, laissé sur les pelouses dans les parcs par exemple, façonné par l’érosion induite des usages. Une ligne de désir a ceci d’intéressant qu’elle peut « sortir de terre » dans un espace à quelques pas seulement d’un chemin balisé pour la circulation. Les lignes de désir soulignent que ces endroits balisés, pensés, travaillés, ratent quelque chose des usages et des efficacités anodines et instinctives de nos quotidiens. Un manquement dans le design, pourrait-on dire. Ou peut-être une négation des usages pour une meilleur prescriptions des comportements.
J’aime les lignes de désir pour ce qu’elles font émerger de confrontations entre les expertises et les usages. Ce faisant, j’y reconnais une clef métaphorique pour lire des choses sur le monde. L’expertise devient problématique, non pas lorsqu’elle informe de son savoir travaillé (élémentaire, non exclusif), mais lorsqu’elle prescrit des comportements, à distance et de manière verticale. Alors on atteint le corps et l’intime ; et le politique crée un séisme.
Je m’inscris en terre tremblante, mais cherche, de mes pas instables, à faire langage ; danser.
Une photographie, par définition, met en valeur. Elle met en valeur autant une souffrance qu’une joie, qu’une mise en scène ou un instant décisif. Elle cadre un événement, un objet ; elle donne à voir pour une signification précise. La photographie d’un objet architectural met en valeur cet objet. Mais de part la mise en valeur, il y a indéniablement, en creux de nos productions, la reproduction de ce monde mis en valeur ; la photographie devient une médiation de ce monde. Mes préoccupations latentes, ma sensibilité, mes questionnements, mes affirmations, mes paradoxes, ma responsabilité, se doit tant que faire se peut, de conscientiser le monde duquel il vient sous peine de s’ancrer dans un angle mort et pérenniser quelque chose, éventuellement inverse au propos.
Les photographies d’architecture, de rue, de villes occidentales, sont souvent pour moi l’occasion d’une gêne. Elles valorisent des espaces saturés et hors-sol propre à nos modes de vie occidentaux, a fortiori, aujourd’hui, connectés. À mon sens, elles bouclent même cette saturation. Il me semble interessant de travailler sur un contrepoint à la contemplation de ces espaces, sans l’exotisme des ailleurs, afin de valoriser un avenir un tant soit peu soutenable.
Mes photographies, tirées de mes errances urbaines autant que de mon point de vue d’urbain et de la panoplie des privilèges qui me situent, cherchent une esthétique qui aurait une portée critique sur nos espaces. Elles cherchent leur fluidité, leur ligne de désir.
Je vis le cul entre deux chaises,
seulement j’ai plusieurs casquettes à mon arc.
—
Façonné par l’énergie autodidacte de la culture Hip-Hop, couplé à celle adolescente fertilisée sur le goudron et devant la télé, je fus mû par la danse, le rap et le graffiti, loin de concevoir l’idée d’une cloison disciplinaire.
Danseur pour la compagnie Chute Libre en 2005 pour son spectacle Living Room Orchestra, j’intègre la même année une école de cinéma (Cinécréatis, Nantes, FR) et me professionnalise comme artiste en effets-visuels. Je travaille sur films et publicités pendant 10 ans.
Tentatives scénaristiques et velléités de mise en scène, me porteront vers le documentaire photographique.
Je suis amené à travailler pour l’artiste français Pierrick Sorin sur des opéras et événements (2008-2012), comme graphiste et opérateur prises de vues. Ces expériences sont marquantes par leur ampleurs, leur richesses humaines, techniques et artistiques.
De 2015 à 2017, je réalise un documentaire photo (L’adoration de la terre), accompagné d’écrits et d’entretiens, pour lequel je m’immerge pendant 1 an au coeur des résidences de création d’une compagnie de danse Hip-Hop s’appropriant un classique, Le Sacre du printemps. L’occasion d’un contraste qui me permet de faire un portrait sensible de l’énergie Hip-Hop. J’en fais un livre et suis la bifurcation : la photo et l’auto-édition.
Je passe rapidement par l’école Les Gobelins afin de me connecter au monde professionnel de la photographie. À partir de 2019 et de mes errances urbaines je construis un propos photographique (lavisible) sur la capacité de l’urbain à trahir des non-dits tournant tous autour de ce qui nourri les hiérarchies et la domination. J’essaye d’abord de voir dans l’architecture une présence du pouvoir, puis de le trouver dans l’urbanisme, pour aboutir aujourd’hui à la notion générale d’espace, a fortiori, d’espace urbain.
J’émigre au Quebec en 2022 où j’affirme une intention artistique professionnelle en art visuel.
Dernière mise à jour le 14 février 2025
Février 2025 | Résidence
Ecotone, espace d’expérimentation (Montréal/Tiohtià:ke) – Résidence de recherche sur la démarche artistique. 1 semaine.
Octobre 2024 | Résidence
Ecotone, espace d’expérimentation (Montréal/Tiohtià:ke) – Résidence de recherche sur la démarche artistique. 1 semaine.
Juin 2024 | Publication
La république en Beaumarchais ! Livre accordéon de plus 4m. Je reviens avec ce projet sur un événement de 2018-2019, le mouvement des gilets jaunes en France. Et comment lors de l’acte III, c’est un stigmate du pouvoir que je perçu se projeter sur l’espace urbain. – Nouveau projet autoédité
Avril 2024 | Groupe de travail
Je finis 6 mois de participation au Groupe de travail sur le livre d’artiste mené par Emmanuelle Jacques à L’imprimerie (Montréal/Tiohtià:ke). Plein de chose pour 2024 !
Janvier 2024 | Lecture
Aujourd’hui, on dit travailleur·ses de l’art (Julia Burtin Zortea et Louise Drul). Petit ouvrage important à lire pour avancer politiquement sur le travail artistique. 369 Éditions
Septembre 2023 | Publication
À la terrasse d’un bistrot, les clients et clientes habituées boivent leur café en lisant le journal. On entend le son du papier croustiller la lecture, dans leurs mains, lorsqu’ils et elles tournent les pages, lorsque leur concentration est mise à l’épreuve d’un courant d’air, lorsqu’ils et elles réajustent leur assise après avoir toussé le poison largué par le passage d’une bagnole devant leur nez. C’est le goût de l’expresso, de la routine, des nouvelles; c’est une saveur du paysage urbain. Le numérique aidant, le sucré de ce croustillant a disparu. Comme Yas, mon ami Yas.
Murmures – Nouveau projet autoédité
Artiste visuel autodidacte, ma pratique relie le mouvement, la pensée, la matière : photographe en errance urbaine, scribouillard d’un nomadisme existentiel, je partage mes impressions principalement via l’auto-publication.
Ma relation intime à l’espace m’amène à chercher ce qu’habiter signifie lorsque tout est « planifié, construit et équipé » (Ivan Illich, 1984). Je m’évertue à portraiturer les non-dits de l’espace urbain avec l’hypothèse que de telles bestioles existent.
Au sein d’une ville, mon regard est captif d’une saturation des formes qui la compose. Je m’attache alors à vider les espaces urbains de la présence humaine afin de faire le point sur ces lignes, constitutives de notre écrin. Je joue contre la perspective, à la faveur de compositions graphiques, géométriques, que je conçois être la captation de motifs relevant de notre ontologie, autant que la traduction de mon envoûtement dans un tel milieu.
J’utilise l’assemblage de photographies en série comme la construction d’un chapelet de motifs, dont la similarité, rythmée, est propice à stimuler sens et intellect. D’une dominante esthétique, j’envisage alors une potentialité critique.
L’écriture intervient comme une pirate. Farouche, poétique et insatisfaite des définitions, elle s’immisce dans mon processus et peut finir par en constituer l’essentiel. Favorisant l’horizontalité et l’accessibilité, je m’efforce, grâce à elle, de trébucher sur la frontière qui sépare le propos conceptuel du récit incarné.
Je présente mon travail principalement sous la forme de livres d’artiste, dont la matérialité se félicite de convoquer les sens pour se fabriquer et se partager.
Mon approche confronte le fond et la forme, l’intérieur et l’extérieur, l’intime et le politique.
Recherche esthétique.
Une ligne de désir est un tracé, laissé sur les pelouses dans les parcs par exemple, façonné par l’érosion induite des usages. Une ligne de désir a ceci d’intéressant qu’elle peut « sortir de terre » dans un espace à quelques pas seulement d’un chemin balisé pour la circulation. Les lignes de désir soulignent que ces endroits balisés, pensés, travaillés, ratent quelque chose des usages et des efficacités anodines et instinctives de nos quotidiens. Un manquement dans le design, pourrait-on dire. Ou peut-être une négation des usages pour une meilleur prescriptions des comportements.
J’aime les lignes de désir pour ce qu’elles font émerger de confrontations entre les expertises et les usages. Ce faisant, j’y reconnais une clef métaphorique pour lire des choses sur le monde. L’expertise devient problématique, non pas lorsqu’elle informe de son savoir travaillé (élémentaire, non exclusif), mais lorsqu’elle prescrit des comportements, à distance et de manière verticale. Alors on atteint le corps et l’intime ; et le politique crée un séisme.
Je m’inscris en terre tremblante, mais cherche, de mes pas instables, à faire langage ; danser.
Une photographie, par définition, met en valeur. Elle met en valeur autant une souffrance qu’une joie, qu’une mise en scène ou un instant décisif. Elle cadre un événement, un objet ; elle donne à voir pour une signification précise. La photographie d’un objet architectural met en valeur cet objet. Mais de part la mise en valeur, il y a indéniablement, en creux de nos productions, la reproduction de ce monde mis en valeur ; la photographie devient une médiation de ce monde. Mes préoccupations latentes, ma sensibilité, mes questionnements, mes affirmations, mes paradoxes, ma responsabilité, se doit tant que faire se peut, de conscientiser le monde duquel il vient sous peine de s’ancrer dans un angle mort et pérenniser quelque chose, éventuellement inverse au propos.
Les photographies d’architecture, de rue, de villes occidentales, sont souvent pour moi l’occasion d’une gêne. Elles valorisent des espaces saturés et hors-sol propre à nos modes de vie occidentaux, a fortiori, aujourd’hui, connectés. À mon sens, elles bouclent même cette saturation. Il me semble interessant de travailler sur un contrepoint à la contemplation de ces espaces, sans l’exotisme des ailleurs, afin de valoriser un avenir un tant soit peu soutenable.
Mes photographies, tirées de mes errances urbaines autant que de mon point de vue d’urbain et de la panoplie des privilèges qui me situent, cherchent une esthétique qui aurait une portée critique sur nos espaces. Elles cherchent leur fluidité, leur ligne de désir.
Je vis le cul entre deux chaises,
seulement j’ai plusieurs casquettes à mon arc.
—
Façonné par l’énergie autodidacte de la culture Hip-Hop, couplé à celle adolescente fertilisée sur le goudron et devant la télé, je fus mû par la danse, le rap et le graffiti, loin de concevoir l’idée d’une cloison disciplinaire.
Danseur pour la compagnie Chute Libre en 2005 pour son spectacle Living Room Orchestra, j’intègre la même année une école de cinéma (Cinécréatis, Nantes, FR) et me professionnalise comme artiste en effets-visuels. Je travaille sur films et publicités pendant 10 ans.
Tentatives scénaristiques et velléités de mise en scène, me porteront vers le documentaire photographique.
Je suis amené à travailler pour l’artiste français Pierrick Sorin sur des opéras et événements (2008-2012), comme graphiste et opérateur prises de vues. Ces expériences sont marquantes par leur ampleurs, leur richesses humaines, techniques et artistiques.
De 2015 à 2017, je réalise un documentaire photo (L’adoration de la terre), accompagné d’écrits et d’entretiens, pour lequel je m’immerge pendant 1 an au coeur des résidences de création d’une compagnie de danse Hip-Hop s’appropriant un classique, Le Sacre du printemps. L’occasion d’un contraste qui me permet de faire un portrait sensible de l’énergie Hip-Hop. J’en fais un livre et suis la bifurcation : la photo et l’auto-édition.
Je passe rapidement par l’école Les Gobelins afin de me connecter au monde professionnel de la photographie. À partir de 2019 et de mes errances urbaines je construis un propos photographique (lavisible) sur la capacité de l’urbain à trahir des non-dits tournant tous autour de ce qui nourri les hiérarchies et la domination. J’essaye d’abord de voir dans l’architecture une présence du pouvoir, puis de le trouver dans l’urbanisme, pour aboutir aujourd’hui à la notion générale d’espace, a fortiori, d’espace urbain.
J’émigre au Quebec en 2022 où j’affirme une intention artistique professionnelle en art visuel.
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